HISTORIQUE du JUDO

Le judo (柔道, jūdō?, litt. « voie de la souplesse ») est un art martial, créé au Japon en 1882 par Jigorō Kanō en tant que pédagogie physique, mentale et morale. Par rapport au Kobudō[2], ou « voie martiale traditionnelle », le judo est ce qu’on appelle un shin budō, c’est-à-dire une « voie martiale moderne », dont une branche est devenu un sport de combat puis en sport olympique à l’occasion des Jeux olympiques de Tokyo de 1964.
Description

Le terme jūdō est composé de deux kanjis, prononcés selon la lecture dite on. Le premier, en neuf traits, signifie « souplesse », « adaptation » (柔, jū?), et le second, en douze traits, signifie « voie », « principe » (道, dō?). Jūdō peut ainsi être traduit par l’expression « voie de la souplesse », « esprit de l’adaptation » ou encore « principe de l’adaptation ». Le mot fait partie du vocabulaire du JLPT-4.

Le souhait de Jigorō Kanō, fondateur du judo, était de populariser une méthode visant à mieux utiliser ses ressources physiques et mentales, ce en prenant comme point de départ le ju-jitsu tel qu’enseigné par les koryū, les anciennes écoles traditionnelles. Kanō avait notamment pratiqué la Tenshin Shin’yō-ryū et la Kitō-ryū pendant six années.
La légende dit que le principe jù serait né en 1733 de la réflexion d’un certain Akiyama Shirobei Yoshitoki (fondateur de l’école Yoshin-ryū, l’« école du cœur du saule »), qui, observant la neige tomber sur les branches d’un cerisier, constata que les branches les plus raides cassaient sous le poids de celle-ci, alors que les branches les plus souples se courbaient puis se redressaient. Il aurait ainsi eu la révélation du principe jù, la souplesse. En effet, tout comme les branches souples du cerisier et contrairement aux branches rigides, le principe jù prône l’adaptabilité plutôt que la résistance (go).
Kanō semble également avoir été séduit par un enseignement de l’école Kitō-ryū : les applications dynamiques d’un principe déjà ancien, celui de la « bonne utilisation de l’énergie ».
La « légende », dans sa simplicité, n’est pas éloignée du souhait initial de populariser une méthode visant à mieux utiliser ses ressources physiques et mentales. Kanō avait conscience que le jūjutsu, tel qu’il était pratiqué, n’était plus adapté à l’époque moderne. Les techniques étaient parfois très dangereuses à apprendre, et la plupart des maîtres n’étaient guère pédagogues ou enseignaient un jiu-jitsu décadent et inefficace[réf. nécessaire]. En s’inspirant des méthodes de différentes gymnastiques occidentales, Kanō décida d’expurger du ju-jitsu les mouvements dangereux et de codifier les techniques restantes, afin de faciliter l’enseignement sous forme de kata. L’art de la souplesse, débarrassé de sa vocation guerrière, n’était donc plus du ju-jitsu mais une nouvelle voie martiale[8] à vocation éducative. Le judo était né.
Le judo commença à être enseigné au Japon en 1882, dans la salle de pratique du Kōdōkan, à l’origine dans un temple à Tokyo.
Le judo des origines s’orienta de plus en plus vers la dimension sportive lorsque les champions du Kōdōkan, au cours de défis, eurent remporté des victoires face aux meilleurs représentants des différentes écoles de ju-jitsu. Le pouvoir économique de l’institut du Kōdōkan était ainsi définitivement installé dans le monde des arts martiaux japonais.
Quelques grandes figures du judo

Mikinosuke Kawaishi, 10e dan (jū-dan, ceinture rouge). Au centre, en présence du champion d’Europe 1951, Jean de Herdt.

Shozo Awazu à Paris, en 2003, 9e dan (kyū-dan, ceinture rouge).

Ichirō Abe en 2009, 10e dan.

Haku Michigami, 9e dan, directeur technique de 1965 à 1971 du Collège national des ceintures noires (CNCN) de la Fédération nationale de judo traditionnel (FNJT).